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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 16:05

La télémédecine a maintenant une existence légale depuis la récente loi HPST de 2009. C’est un bon début mais une question hante désormais les décideurs du système de santé : la télémédecine fait-elle baisser les coûts  ou doit-on la considérer surtout comme un élément de confort additionnel pour les patients ?

 

Deux expériences récentes dans le domaine de la télécardiologie tendent à confirmer que cette dernière est un élément important de baisse des coûts sans baisse de la qualité des soins.

 

Télémédecine schema

La Télécardiologie, qu’est-ce-que c’est ?

 

Petite piqûre de rappel : la télémédecine c’est… la Télé-Médecine, c'est-à-dire faire levier sur les moyens modernes de l’informatique et des télécoms pour amener la médecine partout où un être humain en a besoin.

 

Elle comprend la téléconsultation, la téléexpertise, la télévigilance, le télémonitoring et la téléinformation.

 

Dans le domaine de la cardiologie, elle s’appuie notamment sur les capacités de communication rendues possibles par internet et les outils de suivi à domicile et bien entendu, sur les nouveaux équipements portatifs et communicants mis à disposition des acteurs de santé.

 

 

Quel est l’intérêt ?

 

D’une manière générale, les bénéfices attendus de la télécardiologie sont, notamment :

  • l’amélioration de la prise en charge ;
  • le diagnostic précoce de la maladie, à distance ;
  • le renforcement du rôle du patient et sa responsabilisation ;
  • le développement du travail collaboratif entre tous les professionnels de santé concernés ;
  • l’accompagnement des situations de précarité ou de perte d’autonomie ;
  • la contribution à une restructuration de l’organisation des soins ;
  • de potentielles réductions de coûts de santé.

 

 

L’étude WENNBERG

 

Le Pr Ariel Cohen, professeur à l’université Pierre et Marie Curie (Paris VI) et praticien hospitalier dans le service de cardiologie de l'hôpital Saint-Antoine, met en avant une évaluation réalisée par Wennberg sur 174.120 participants aux Etats-Unis, âgés majoritairement de plus de 65 ans (N Engl J Med 2010, A Randomized Trial of a Telephone Care-Management Strategy, 363;13, nejm.org, 23/09/2010).

 

Ces participants, souffrant d’insuffisance cardiaque (IC), ont été classés en fonction du coût estimé de leur maladie et randomisés (répartis de façon aléatoire) en deux groupes distincts. Le premier groupe a bénéficié d’un suivi individuel dit classique, le second d’un suivi renforcé avec l’intervention de personnels paramédicaux assurant notamment l’éducation thérapeutique du patient.

Un an après le début de cette évaluation, le coût mensuel global moyen des soins du groupe au suivi renforcé était 3,6 % inférieur à celui du groupe au suivi individuel classique. A noter également que le taux annuel d’hospitalisation du groupe au suivi renforcé a baissé de 10 %.

 

Ces résultats sont peu spectaculaires parce qu’ils sont uniquement basés sur une simple téléformation.

Basés sur une cohorte de patients très significative, ils ont en revanche l’intérêt de démontrer qu’une meilleure responsabilisation des patients est permise par le suivi à distance.

 

 

L’étude du Docteur SOULAT

 

Plus discriminante est l’étude d’impact réalisée par le Docteur Louis SOULAT, chef de service des urgences de l’Hôpital de Châteauroux et directeur du SAMU 36 dans le domaine du diagnostic.

 

Celui-ci, dans un article de Février 2011 dans la Revue des SAMU, compare le gain de temps obtenu par un ECG communiquant à 18 dérivations de nouvelle génération fabriqué par PARSYS Télémédecine par rapport à un ECG traditionnel.

 

Basé sur 3.000 ECG saisis dans le service des urgences du Centre Hospitalier de Châteauroux, le résultat est éloquent : le gain de temps médical est de…40%.

 

Et encore, ce chiffre ne prend pas en compte les gains complémentaires obtenus grâce à une meilleure insertion dans le dossier patient et les possibilités de transmission pour faciliter une seconde lecture des électrocardiogrammes.

 

Fort de cette constatation, le Docteur SOULAT conclut son étude de la manière suivante :

L’ECG est devenu un examen incontournable en médecine d’urgence, notamment dans la gestion des douleurs thoraciques et des malaises. Les appareils d’acquisition doivent aujourd’hui s’adapter aux nouveaux besoins des urgentistes en offrant notamment la possibilité d’enregistrer en une seule fois les 12 dérivations classiques et les 6 dérivations supplémentaires explorant les zones basales et droite du cœur, conformément aux recommandations des sociétés savantes. Le mode de conservation sur support informatique doit également permettre d’intégrer directement un ECG dans un dossier patient informatisé et faciliter des échanges fiables entre praticiens dans le cadre de procédures de transmission formalisées.

Le dispositif Cardialys® de PARSYS Télémédecine répond à ces nouveaux besoins avec un boîtier doté d’un cordon 16 brins communiquant avec tout ordinateur permettant une insertion de l’ECG dans le dossier informatisé et la transmission par le réseau de téléphonie portable. Le bénéfice principal mis en avant après l’évaluation de ce dispositif dans un service d’urgence, sur une période de 2 mois, est un gain de temps significatif pour l’équipe soignante obtenu avec la réalisation d’un seul ECG 18 dérivations sans risque d’erreur pour l’identification des dérivations. (Dr L. SOULAT, la Revue des SAMU, N° Spécial Février 2011, Electrocardiogramme 18 dérivations : une réalité technique, 2011, p.80)

 

La preuve est donc faite que les nouveaux usages de la technologie de l’information contribuent puissamment à améliorer la prise en charge des patients cardiaques en baissant les coûts d’hospitalisation et à rendre le diagnostic médical plus performant.

 

Il est donc  temps de développer massivement la télécardiologie en France !

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Jean Louis Schmitlin - dans Télémédecine
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