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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 17:38

Depuis que la mode du « green IT » s’est emparée de l’industrie informatique, il n’est pas un jour sans qu’un acteur du monde de l’informatique ou des télécoms n’annonce une initiative dans ce domaine.

 

Point commun de toutes ces initiatives : limiter la consommation énergétique du PC.

 

Vu l’importance des systèmes d’information dans la consommation énergétique globale, on ne peut que s’en féliciter.

 

Ceci est souvent présenté comme un puissant stimulant à relancer une course bien connue dans notre secteur : renouveler  et recycler les parcs de matériel de façon accélérée. Non seulement, c’est politiquement correct (puisque c’est « green »), mais  c’est bon pour le business… 

 

Est-ce si « limpide »?

 

La réponse est « non ». C’est ce qui nous amène à une conclusion impérieuse : il faut prolonger le plus possible la durée d’utilisation des matériels informatiques plutôt que les recycler trop vite.

 

Pourquoi ?

 

A cause, tout d’abord, d’un premier constat : les nouveaux matériels ne consomment pas toujours moins d’énergie que les anciens.

 

A titre d'illustration, allumer son PC, sans rien faire, entraîne une consommation de 110 watts par heure (W/h) avec un processeur récent, tel qu'un Pentium 4 à 3 GHz, contre  95 W/h avec un processeur plus ancien, tel que l'Athlon 1200 à 1 GHz.

En situation d'utilisation, le PC consomme évidemment plus. Mais tout dépend de ce qu'on lui demande. Si la tâche est simple, celle d'un logiciel de traitement de texte par exemple, la consommation augmente peu : elle n'est que de 7 W/h supérieure, quel que soit le processeur utilisé. Mais si vous lancez, par exemple, un jeu vidéo en 3D, on constate une différence due, essentiellement, à la carte graphique. D'après les résultats de tests pratiqués sur un large parc informatique, la consommation du PC le plus ancien reste sensiblement la même, soit environ 95 W/h. Cela s'explique par le fait que le processeur graphique est un ancien modèle sans ventilateur.
De son côté le PC le plus  récent, qui est équipé d'une carte graphique ATI Radeon 9800 XT, a besoin de 75 W/h supplémentaires.

 

En réalité, une étude menée chez PARSYS, acteur de la location et du recyclage des produits de haute technologie en 2010, montre que la seule  mesure vraiment déterminante afin de réduire les coûts énergétiques serait de remplacer tous les postes fixes des entreprises par des ordinateurs portables. Cette décision baisserait le coût moyen énergétique de près de 60%. (cf. le tableau ci-après)

 

Conso-elec.-parc-informatique.png

 

Deuxième constat : en termes de coût carbone, les coûts de construction/destruction des matériels représentent presque l’équivalent du coût de consommation électrique d’un ordinateur (cf. "Empreinte CO2 d'un PC").

 

En d’autres termes, en se focalisant sur les coûts « verts » variables (l’énergie), on en oublie les coûts fixes (la construction et le recyclage).

Ceci est d’autant plus vrai que les matériels sont souvent fabriqués dans des pays où l’énergie est produite dans des conditions particulièrement gourmandes en carbone.

 

La conséquence est immédiate, et bien connue des gestionnaires : plus on allonge l’utilisation des équipements, plus on amortit les coûts fixes.

 

 

Dernier constat : regardons aussi le côté obscur de la technologie. Il est une réalité  qu’il est impossible de repeindre en vert : un PC est et restera une « bombe écologique » aussi longtemps que nous aurons besoin de le truffer de circuits électroniques grands consommateurs de métaux lourds et d’énergie. En fabriquer toujours plus ne fait qu’empirer une situation déjà passablement alarmante : la fabrication d’un PC nécessite 100 fois son poids en matières premières.

 

La part des ingrédients d’un PC qui sont recyclables ne dépasse pas 35% du poids total.(cf. "Ingrédients d'un PC" & "Poids des Composants d'un PC")

 

Voici donc trois bonnes raisons de prolonger autant que possible la durée de vie des matériels informatiques plutôt que les renouveler à tout crin.

 

Mais est à dire pour autant qu’il faut les conserver en parc le plus longtemps possible ?

 

Pas nécessairement. Le renouvellement des parcs doit continuer à se faire en fonction des nouveaux besoins applicatifs et par rapport aux nécessités d’une bonne gestion : standardisation des matériels, diminution des incidents de maintenance et des coûts variables énergétiques.

 

En revanche, le choix du tout-recyclage qui est trop souvent choisi par les grandes entreprises françaises doit être remis en cause. Un PC d’ancienne génération peut rendre encore de bons et loyaux services pendant des années dans des environnements moins exigeants (les particuliers, par exemple) ou moins prospères (les pays émergents).

 

Pour alimenter ces populations d’utilisateurs des filières existent et les responsables de parc informatiques devraient les alimenter de manière plus systématique et avec une approche davantage tournée vers le professionnalisme des acteurs (quelles pratiques environnementales, par exemple) que vers la recherche systématique du prix.

 

 

Bref, touche pas à mon vieux PC… Il vaut de l’orvert !

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Jean Louis Schmitlin - dans Green IT
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